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L’art brut est, à l’orée du XXIe siècle, la dernière terra incognita de l’art. Quasi absent de l’histoire de l’art, ce champ demeure largement impensé. Le colloque s’attachera à dépasser le dogme primitiviste de Dubuffet, tout en forgeant de nouveaux outils pour saisir l’essence de cet art de l’intime.

Sous la direction de Christian Berst et Raphaël Koenig.

L’art brut demeure sans doute un des derniers grands impensés de l’art. Même si — comble du paradoxe pour un art que Jean Dubuffet voulait “épris d’obscurité” — celui-ci est plus que jamais sous les feux de la rampe, de la Biennale de Venise au Musée Guggenheim en passant par le Musée d’art moderne de la Ville de Paris et le MoMA, il ne cesse de susciter interrogations, émerveillements, et remises en cause.

Preuve de la capacité sans cesse renouvelée d’œuvres “hors-norme”, créées par des artistes évoluant le plus souvent dans une altérité sociale ou mentale, de chambouler “l’horizon d’attente” de leurs spectateurs, introduisant ainsi un ferment disruptif au sein des mécanismes de création, de validation et d’exposition du monde de l’art.

Preuve également de l’instabilité sémantique d’une notion qui, depuis trois quart de siècle, semble singulièrement rétive aux tentatives de définition ou de systématisation : tout en proclamant, au milieu des années 1940, l’existence d’un “art brut” qui s’affirme avec l’évidence d’un phénomène naturel, Jean Dubuffet ne l’a-t-il pas également placé sous le signe d’une étrange amnésie ? Personnage à la Calvino, perpétuellement en quête de définition, “l’art qui ne sait pas son nom” semble devoir nous inviter à un questionnement ouvert, à condition du moins de s’affranchir du manichéisme de ses débuts.

Il semble donc crucial que les instances culturelles s’y attèlent, même s’il faut pour cela qu’elles se dotent de nouveaux outils pour en saisir toute la portée. L’examen de ce champ — sans concession ni complaisance pour les dogmes du passé — permettra de mieux comprendre le travail que font les œuvres d’art sur ceux qu’elles émeuvent, afin de rédiger ce chapitre essentiel qui fait encore largement défaut à l’histoire de l’art.

Dans ce but, ce colloque fondamentalement interdisciplinaire associera des intervenants issus de l’université — combinant ainsi les méthodologies respectives de l’histoire de l’art et des idées, de la philosophie, de la sociologie, et de la littérature française et comparée — mais aussi des praticiens — psychanalystes, commissaires d’exposition, critiques d’art, galeristes, collectionneurs — afin de croiser les approches et de faire surgir de nouvelles perspectives sur un sujet encore largement inexploré.

Le séjour des participants aux Colloques de Cerisy se déroule dans un domaine, classé monument historique, composé d’un château protestant du début du XVIIe siècle, avec ses dépendances (la Ferme, les Escures, l’Orangerie, le Moulin). Un lieu offrant, pour réfléchir ensemble en toute sérénité, des espaces de travail et de détente à des groupes d’âges, de professions et de pays différents.

Pour un colloque de 4 jours, le forfait en pension et en séjour complet est de 460 € + 50€ d’adhésion obligatoire à l’Association des amis de Pontigny-Cerisy. Pour une participation exceptionnelle sans résidence au centre et après accord du secrétariat : 45 € par jour (déjeuner compris).

Colloque de Cerisy :

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