franco bellucci
fluctuations du désir
Né à Livourne en 1945, Bellucci a commencé à créer des objets à la fin des années 70, canalisant ainsi ses pulsions destructrices et les conciliant – par l’emploi fréquent de jouets – avec l’état d’enfance auquel une encéphalite l’avait assigné dès le plus jeune âge.
Privé de parole, il s’est alors mis à produire, en procédant par hybridation, des objets que l’on perçoit tantôt comme transitionnels, tantôt comme fétiches. Alors que Franco Bellucci disparaissait en 2020 en emportant avec lui l’énigme de son langage plastique, fluctuations du désir est la 3e exposition monographique que nous lui consacrons.
Chez Franco Bellucci, si l’idée de reconstruction - voire de réparation chère à Kader Attia - s’impose en premier lieu, il est difficile de ne pas penser à un acte de résilience lorsque l’on apprend que, jeune adulte, il a passé des années attaché à un lit de contention pour dompter son agitation qu’il est aisé d’attribuer à son incapacité à s’exprimer. Et ce, jusqu’à ce qu’il découvre que des objets pouvaient lui redonner la parole.
Mais, contrairement à Judith Scott, tisseuse arachnéenne de cocons destinés à cacher les objets, ou à Pascal Tassini, explorant les possibilités proliférantes des nœuds, Franco Bellucci révèle, sublime et ressuscite.
En fabriquant des chimères, il métaphorise sa lutte contre la fragmentation tout en conférant à ses objets un pouvoir absolu de recréation.
Plus encore, comme le souligne Damien Aubel, “ces objets restituent toutes les fluctuations du désir. Des choses parlantes et désirantes : voilà ce que nous sommes, voilà ce que sont les œuvres de Franco Bellucci.”
Ses œuvres, exposées ces dernières années à La Maison rouge ou au Palais de Tokyo figurent désormais dans des collections majeures comme celles du Musée national d’Art moderne (Pompidou) et du Museum für Moderne Kunst de Francfort.
Bellucci a fréquenté l’atelier Blu Cammello à Livourne, où il a été révélé au grand jour par l’artiste Riccardo Bargellini. Ses sculptures hybrides, nées de l’assemblage d’objets hétéroclites, forment un langage mystérieux où les destinées se croisent et se répondent, vues à travers le prisme de la transition, du fétichisme ou de l’apotropée.
Ses œuvres, intégrées aux collections du Musée national d’Art moderne (Pompidou) et du Museum für Moderne Kunst de Francfort, ont été exposées dans de nombreuses manifestations majeures, notamment au Palais de Tokyo à Paris.
« Ces œuvres sont douées d’une puissance symbolique que bien des artistes ‘professionnels’ sont incapables d’atteindre. » (P. Dagen, Le Monde)
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catalogue publié à l’occasion de l’exposition
franco bellucci : fluctuations du désir
du 1er février au 1er mars 2025
texte : damien aubel
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