The Schiele Incident
Recent Works by Josef Hofer
En décembre 2007, un galeriste autrichien est venu au Lebenshilfe Oberösterreich à Ried et a offert à Josef un cadeau de Noël, un livre d’oeuvres sur papier d’Egon Schiele intitulé Aquarelle und Zeichnungen. Hofer a accepté le cadeau en le jetant au sol avant de quitter la pièce - clairement mécontent de son contenu. La directrice du centre, Elisabeth Telsnig, s’excusa auprès du galeriste et rangea le livre sur une étagère. Des semaines plus tard, elle découvrit que Josef, de sa propre initiative, avait pris le livre sur l’étagère et était en train de dessiner en s’inspirant des reproductions d’oeuvres, créant de nouvelles versions des fameux nus de Schiele, confinés à l’intérieur de ses si caractéristiques cadres orange et jaunes.
Depuis 1997, le dessin occupe entièrement les journées de Hofer. Il travaille sans relâche, dessinant et redessinant ses sujets à la recherche de la perfection, faisant constamment évoluer ses personnages tracés au crayon gras. En Autriche, critiques d’art et artistes font référence depuis des années aux résonnances “schielesques” du travail de Hofer, comme réminiscence de Schiele. Toutes les similarités formelles antérieures à 2007 étant de pures coïncidences ou peut-être des références culturelles artistiques intégrées au plus profond de lui-même.
Hofer est sourd et ne parle pas. Nous ne saurons donc jamais vraiment quels ont été ses sentiments au moment où il a été confronté pour la première fois aux oeuvres de Schiele ni pourquoi il a choisi de passer des années à intégrer ces dessins à son propre travail. Il est certain, cependant, que cette rencontre l’a profondément affecté. Nous cherchons tous plus ou moins à nous distinguer, mais les artistes ont un attachement spécial à la notion d’originalité. L’expérience de Hofer : la confrontation d’un artiste aux similitudes de son travail avec celui d’un autre est loin d’être unique. Sa réponse, cependant, démontre son courage artistique et son désir moteur de s’améliorer et d’évoluer.
Pensionnaire d’une institution autrichienne, Josef Hofer ne parlait pas, il dessinait. Inlassablement. Dans le miroir qu’il se tendait et qu’il nous tendait, ses personnages tentent de prendre leur essor dans le carcan du cadre avec une grâce érotisée, indomptée. Ses dessins mettent en images une dualité fondatrice entre le corps et la psyché.
Son œuvre figure dans de grandes collections privées comme celle d’Arnulf Rainer qui le considérait comme « l’un des plus grands artistes d’art brut contemporains ». Un ensemble de ses œuvres a rejoint en 2021 le fonds du Centre Pompidou.
En 2026, la galerie lui consacre une cinquième exposition, une monographie et un catalogue raisonné en ligne.
Préface : Elisabeth Telsnig
Avant-propos : Christian Berst
Publié à l’occasion de l’exposition The Schiele Incident : recent works by Josef Hofer, à christian berst art brut, New York, du 19 février au 12 avril 2015.
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