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Melvin Way a inventé l’ordinateur Dell, a fondé des établissements d’enseignement partout dans le Nord-Est des États-Unis, et a écrit des chansons, enregistrées et popularisées par les Supremes. Il avait un billet pour le dernier train Amtrak qui vient de dérailler près de Philadelphie, mais l’a manqué, intentionnellement, parce que « quelque chose n’allait pas. »

Les productions intellectuelles et culturelles extrêmement importantes de Way pourraient expliquer les 6,2 millions de dollars qu’il a gagnés l’année dernière. Mais que voulez-vous attendre d’un homme qui a obtenu son bac quatorze fois (dix fois en Caroline du Sud et quatre fois à New York) et qui se trouve également être « post-mortel » ?

Certaines des histoires de Melvin ne collent pas, mais les éléments de la vie privée d’un patient ne pouvant être légalement communiqués, nous nous appuyons donc sur les explications changeantes de l’artiste sur son passé, en séparant la réalité de la fiction au mieux nos capacités. Malgré quelques histoires contradictoires et des lacunes dans la chronologie, il est clair que Way a vécu et voyagé entre la Caroline du Sud et New York depuis qu’il est enfant. Au début des années 1970, il a fréquenté un collège technique et joué dans un groupe de musique, il a composé des ballades funk et donné des concerts en ville. Il a également fait des expériences avec des médicaments, et pendant une période, a fait des allées et venues dans des centres pour sans abri.

En 1989, Melvin a rencontré Andrew Castrucci, un artiste et éducateur, sur l’île de Ward, dans le cadre d’un atelier dirigé par l’Audiences Hôpital Incorporated (HAI). Le programme comptait environ une centaine d’hommes, mais Castrucci a porté un intérêt particulier au travail de Way. Ils ont forgé une amitié et une relation créative qui se poursuit aujourd’hui.

La démarche de Melvin Way est secrète et transportable. Il garde ses dessins avec lui pendant des jours, des semaines, voire des années, et les retravaille en fonction du moment et de son inspiration. Il dessine avec un stylo à bille sur des morceaux de papier qu’il trouve, enveloppant souvent son travail de bandes adhésives probablement pour les préserver de leurs nombreux transferts entre les livres, les magazines, les poches, les sacs et les tiroirs. Les dessins de Way ressemblent à des formules copiées dans des manuels de chimie, mais ne décrivent en fin de compte aucune substance particulière connue de l’homme.

Les méandres improvisés et scientifiques de Way offrent la possibilité d’un univers parallèle -appelé Gaga Ville -, où les règles fondamentales qui régissent notre monde sont déplacées, effacées, re-dessinées, re-configurées, et recouvertes de ruban adhésif. Ces vérités nouvelles sont planqués au plus profond des poches de l’artiste ou cachées quelque part pour leur sauvegarde.

Les dessins de Way sont fréquemment appelés « cryptogrammes » , mais, par définition, des cryptogrammes peuvent être résolus, alors que les dessins de Way n’ont ni commencement, ni fin, ni message déchiffrable. Au lieu de cela, ils parlent aux possibilités infinies à la fois de l’imagination et de la science, décrivant visuellement d’autres réalités et façons de voir.

Artiste
Melvin Way
melvin way - © christian berst — art brut

Découvert aux débuts des années 80 dans un centre pour sans-abris, à New York, Melvin Way est aujourd’hui une figure incontournable de l’art brut contemporain. Ayant interrompu ses études scientifiques en raison de sa schizophrénie, il ne cesse de recouvrir des fragments de papiers de formules mathématiques, chimiques, de croquis sibyllins… Ces denses billets talismaniques, qu’il garde précieusement dans ses poches, exhalent un magnétisme rare. Le prix Pulitzer 2018 de la critique, Jerry Saltz, le considère comme « un génie mystique visionnaire, l’un des plus grands artistes américains vivants », il fait partie des collections du MoMA (New York) et du Smithsonian (Washington).

Catalogue
Melvin Way gaga city
Melvin Way : gaga city - © christian berst — art brut

Préfaces : Jay Gorney & Andrew Castrucci
Avant-propos : Christian Berst
Publié à l’occasion de l’exposition Melvin Way : gaga city, à christian berst art brut, New York, du 7 juin au 19 juillet 2015.

Revue de presse
Artist Melvin Way’s Journey from Homelessness to Art World Acclaim
Alanna Martinez, New York Observer. Le 17 juillet 2015.
Studying the Masterpieces of Visionary Melvin Way
Jerry Saltz, Vulture. Le 17 juin 2015.
Melvin Way’s fantasy formulas meet Andrew Castrucci’s diagrams of dysfunction
Edward Gómez, Edwardmgomez.com. Le 10 juin 2015.
Melvin Way

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