Pharmakon
La galerie a prêté un ensemble d’oeuvres de Eugène Gabritschevsky, Alexandro Garcia, John Urho Kemp et Melvin Way pour l’exposition Pharmakon sous le commissariat de Paul Frèches (directeur délégué du Centre Pompidou en Chine), au 69 art campus à Pékin, du 30 janvier au 1er juin 2026.
Les oeuvres de ces artistes d’art brut côtoient celles de Joseph Beuys, Kader Attia, Erik Dietman, Henri Michaux…
La pratique artistique est communément associée à une dynamique de guérison.
Apollon, compagnon des Muses, est également un dieu lié à la médecine. Son fils, Asclépios, le surpassa même dans ce domaine, suggérant ainsi que la guérison procède de l’art.
Fondée sur cette prémisse simple, Pharmakon est une exposition collective réunissant des œuvres qui abordent la question de la guérison selon une diversité d’approches. Tandis que certains artistes s’engagent activement dans des processus de guérison à travers leurs œuvres — qu’ils soient physiques, spirituels, personnels, individuels, collectifs, sociaux ou encore holistiques — d’autres mobilisent le thème, les processus, les outils ou l’iconographie de la médecine et du soin tout en poursuivant d’autres objectifs.
À travers une sélection de plus de trente œuvres, couvrant plus d’un siècle et une grande diversité de médiums — de la peinture à la vidéo, des œuvres fondées sur des protocoles à la performance — l’exposition déploie différentes tentatives et figures de la guérison.
Si elle articule un récit orienté vers la guérison et invite à réfléchir à cette potentialité, elle interroge également, de manière délibérée, la possibilité même de celle-ci.
Alors que la question de la « sanity» (sain d’esprit) des pratiques artistiques a récemment fait l’objet de débats plus larges en Europe et en Chine, parallèlement à l’attention croissante portée à l’art brut, la sélection réunit, sans catégorisation, des œuvres d’artistes considérés comme outsiders et celles de leurs pairs davantage intégrés au cadre institutionnel.