Hassan
C’est sur les trottoirs du quartier portuaire de Barcelone que Hassan (Ousseynou Gassama) traçait avec une extrême minutie des maisons à toit plat et du mobilier aux formes géométriques flottant sur le bois brut de planches de caisses de vin découpées. Pour tout bien, il disposait d’une valise dans laquelle il rangeait son matériel et ses oeuvres, et un poste de radio pour écouter de la musique.
Ancien forgeron au Sénégal, Gassama vouait une véritable fascination pour les angles, — tant sur le plan symbolique que marchand —, convaincu que leur multiplication déterminait la valeur de l’œuvre.
En guise de signature, il incrustait et polissait de petites plaques de cuivre poinçonnées du chiffre 4. Entre abstraction rigoureuse et réalisme sélectif, ses compositions silencieuses conservent tout leur mystère, comme si ces espaces silencieux racontaient une histoire dont le récit nous échappe.
En 2008, Kathrin Golda-Pongratz et Thomas Golda découvrent son œuvre, l’accompagnent et contribuent à sa première exposition à la Casa Museu Mater en 2025, jusqu’à sa disparition de la ville, en 2012, sans que nous sachions depuis ce qu’il est devenu.
Aujourd’hui son œuvre est conservée dans de prestigieuses institutions, notamment au Centre Pompidou.
Préface : Matali Crasset
Avant-propos : Christian Berst.
Publié à l’occasion de l’exposition Hétérotopies : architectures habitées, du 9 décembre 2017 au 20 janvier 2018.