Kazumi Kamae
Entrée en 1985 à l’atelier Yamanami, la japonaise Kazumi Kamae ne s’exprime pas par la parole. Elle modèle l’argile : sur un corps de terre, elle fixe d’innombrables perles grosses comme des grains de riz et fait surgir des créatures anthropomorphes aux visages multiples. Ses titres la montrent aux côtés de Masato, le directeur de l’atelier : au karaoké, au restaurant de ramen, en voyage de noces. Ce qui ne se dit pas se construit, et l’amour semble s’y faire sculpture.
Son œuvre figure dans les collections Antoine Frérot, Treger / Saint Silvestre et Delcourt. Montrée à la Collection de l’Art Brut de Lausanne en 2018, elle a été présentée par la galerie en 2019 dans japon brut : la lune, le soleil, yamanami.
Après ses études secondaires, Kazumi manquait de confiance en elle et avait beaucoup de mal à exprimer ses sentiments et ses désirs par des mots. En quête avec ses proches depuis longtemps d’une solution à ce problème elle a choisi de participer à l’Atelier Yamanami en 1985.
Un jour, Kazumi est tombée amoureuse d’un homme. Elle a alors découvert la joie d’exprimer son ressenti à travers l’argile. De là, elle a peu à peu pris confiance en elle et a pu communiquer activement avec son entourage en créant et en présentant son travail.
En préambule de sa création, elle réalise une base en argile. Elle fabrique ensuite avec ses doigts des boulettes de la taille d’un grain de riz qu’elle fixe à la surface de la fondation. Il lui faut environ deux mois pour la recouvrir.
Alors que la motivation première de Kazumi est d’attirer l’attention de la personne qu’elle aime en créant ses statues, son imagination s’est récemment développée et elle réalise maintenant des scènes virtuelles dans lesquelles interviennent la personne qu’elle aime (Masato) et elle-même.
Préfaces : Yukiko Koide & Raphaël Koenig
Avant-propos : Christian Berst.
Publié à l’occasion de l’exposition Japon Brut : la lune, le soleil, yamanami, du 31 août au 5 octobre 2019.