christian berstart brut
présente
SearchClose christian berst art brut
MenuClose

Dans l’œuvre de Damián Valdés Dilla (1970–), la ville devient un espace mental, fragmenté et recomposé. À partir de matériaux modestes ou du dessin, il développe des architectures denses, traversées par des machines et des moyens de transport. Inscrit dans le contexte de l’art brut cubain, son travail naît d’un rapport contraint à l’espace et au quotidien. Présenté à l’international depuis les années 2010, il figure aujourd’hui dans plusieurs collections publiques et privées, dont celle du Musée national d’Art moderne – Centre Pompidou.

damián Valdés Dilla - © christian berst — art brut
Date 1970 —
Country Cuba

À La Havane, Damián Valdés Dilla fabrique des villes qu’il traverse sans y mettre les pieds. Son œuvre naît d’un rapport contrarié au monde extérieur : l’angoisse, les épisodes psychotiques, la difficulté à prendre les transports, parfois même à franchir le seuil. Plutôt que de raconter cette impossibilité, il la contourne. Il construit. Il organise. Il invente des trajets, des systèmes, des réseaux, comme si l’architecture et la circulation pouvaient ouvrir une issue. Ces villes donnent l’illusion d’être habitées, mais restent désertes. Leur vitalité se concentre dans l’architecture et les systèmes qui les composent.
Adolescent, il se tourne déjà vers le dessin, la peinture, le collage. Plus tard, il rejoint un groupe d’artistes autodidactes dans son quartier d’Alamar, zone à l’est de la ville, séparée du centre par la baie, marquée par des immeubles répétitifs et un sentiment d’isolement. Il s’en éloigne lorsque le contexte devient plus risqué et surveillé. Cette géographie compte : chez lui, la ville n’est pas un décor, mais une contrainte quotidienne, un cadre mental, une frontière.
Vers la quarantaine, il commence par la maquette. Face à des chutes de bois, il assemble une première cité. Puis viennent les matériaux de la rue : métal, plastique, fils, morceaux d’objets, restes d’outils, fragments sans fonction. Avec ces éléments, il élève des tours, des usines, des églises, des structures hybrides. Il fabrique aussi des véhicules, souvent en série : bus, voitures, avions, hélicoptères, dirigeables, bateaux, machines improbables. Ce goût du transport dit autant le désir de mouvement que la nécessité de le recréer en modèle réduit.
Lorsque les matériaux se raréfient, il passe au papier. Le basculement se fait naturellement : de la ville en trois dimensions à la ville dessinée. Ses feuilles se remplissent de cités imaginaires, vues en plongée, en coupe, selon des perspectives instables. Les styles se croisent sans hiérarchie : dômes, pagodes, gratte-ciel, motifs Art déco ou Art nouveau. Les scènes semblent actives, parfois calmes, parfois traversées de tensions, mais les corps restent absents ou secondaires, comme si l’urbain prenait toute la place. Dessin après dessin, il bâtit un territoire intérieur cohérent, une cartographie personnelle où l’on circule avec les yeux. Aujourd’hui, son travail voyage lui-même, exposé et conservé dans plusieurs collections, dont celles de la collection de Lausanne et du Centre Pompidou.

Collections
collection de l’Art brut
Switzerland
abcd / Bruno Decharme collection
France
damián Valdés Dilla

You are using an outdated browser.
Please upgrade your browser to improve your experience.