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Notre exposition de rentrée sera confiée à l’écrivaine Nancy Huston, dont ce sera le premier commissariat d’exposition. Celle-ci n’a accepté notre proposition d’investir le Bridge en septembre prochain qu’à la condition de pouvoir y développer le thème du monstre.

Le monstre, c’est l’autre, c’est l’idiot, l’impensable, l’impensé, mais c’est aussi celui qui défie la norme et les lois de la nature. À travers les œuvres d’art brut et d’art contemporain choisies par Nancy Huston, le monstre - qu’il soit fantasmé ou réel - témoigne de la persistance de peurs ancestrales et de la vigueur de nos imaginaires.

« monstre.
Il pousse. Il pousse en moi. Il grandit. Je le sens. C’est sensible, sensuel. Il brûle, bouge, s’ébroue. Il est plus beau plus vivant plus puissant que moi. Parfois j’essaie de lui résister mais il est irrésistible. À peine ai-je ouvert la bouche qu’il rugit et c’est génial : son rugissement résonne, ricoche, remplit l’univers, m’enivre. Quand il émerge, il arrache mes politesses tel Superman les oripeaux de Clark Kent. Triomphant, il m’absorbe, m’approprie, m’assimile et m’abolit. C’est jouissance de ne faire qu’un avec lui. Il dévaste, déchiquette, écrabouille, c’est pas moi c’est moi ce c’est c’est moi c’est pas moi ça vient d’avant ça me traverse c’est pas de ma faute c’est hors faute, hors hors hors de moi. »
Nancy Huston

Artistes exposés : Jorge Alberto Cadi, Hélène Delprat, José Manuel Egea, Eugène Gabritschevsky, Gérard Garouste, Anouk Grinberg, Gastineau Massamba, Michel Nedjar, Chloé Poizat, Lionel Sabatté, Cécile Raynal.

Artistes
Michel Nedjar dans son atelier - © christian berst — art brut

Michel Nedjar

Il est l’artiste brut, vivant, le plus exposé et publié et pourtant la trajectoire extraordinaire de ce français pose une question rarement abordée : celle de l’impermanence de l’art brut. Découvert par Jean Dubuffet, au moment où il travaille sur la résurgence du corps symbolique, il s’autorise alors à devenir l’artiste protéiforme que l’on connaît et qui, dans la création, incarne une absolue liberté. Présent dans d’innombrables collections, il est le premier « brut » à être entré dans les collections du Musée national d’art moderne (France). Depuis 2008 il s’est vu consacrer six expositions monographiques par Le Mahj (Paris), le LaM (Lille), le musée Gugging (Vienne) et la galerie.

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portrait d'eugene gabritschevsky - © christian berst — art brut

Eugène Gabritschevsky

Eugène Gabritschevsky, né en 1895 à Moscou dans la haute aristocratie russe, connait une carrière fulgurante en tant que biologiste avant de sombrer dans la folie. Son père, bactériologiste, l’initie à la science si bien qu’Eugène devient rapidement spécialiste de renom des questions d’hérédité, travaille aux États-Unis, puis à Paris à l’Institut Pasteur. Conjointement à son activité scientifique, le jeune homme peint, à ses heures perdues, des productions d’inspiration expressionniste. La révolution russe éclate et se manifestent ses premiers troubles du comportement qui le mènent 12 ans plus tard à l’hôpital psychiatrique de Haar (près de Munich) où il demeure jusqu’à son décès, en 1979.[…]

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portrait de josé manuel egea - © christian berst — art brut

José Manuel Egea

Convaincu de sa lycanthropie, ce jeune artiste madrilène est fasciné par la métamorphose kafkaienne présente dans l’univers du comics et de la mythologie . Son œuvre, lui aussi polymorphe, constitué de dessins, sculptures et performances nous exhorte à accepter notre thérianthropie refoulée. Défendu par la galerie depuis 2016 il a fait l’objet, la même année, d’une vaste présentation lors de la Biennale de l’Image possible, à Liège. Il est désormais présent dans de grandes collections européennes comme celles d’Antoine de Galbert ou de Laurent Dumas (France).

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Jorge Alberto Cadi - © christian berst — art brut

Jorge Alberto Cadi

Dans les rues de La Havane, Jorge Alberto Cadi n’est connu que comme « El Buzo » - le plongeur-, constamment à la recherche de matériel pour ses œuvres, dans les poubelles de la ville. Boltanskien dans son usage mémoriel de la photographie, warholien lorsqu’il coud des greffons d’images entre eux, El Buzo cherche avant tout à révéler ce que les images cachent. Exposé pour la toute première fois en 2019, par la galerie, il sera présenté au grand public dans le 2e volet de Photo brut qui, après les rencontres photographiques d’Arles, sera accueilli à la Centrale et au Botanique, à Bruxelles, en 2022.

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Tomasz Machcinski - © christian berst — art brut

Tomasz Machcinski

Très jeune, Tomasz Machciński se construit une identité autour d’un autographe, qui lui a été adressé par une actrice qu’il imagine alors être sa mère. De cette confusion, qui a duré plus de vingt ans, est née une mythologie protéiforme et personnelle qui re-construit l’artiste. À l’image du mythe ovidien, ou de Gregor Samsa, Tomasz Machciński ne peut être décrit. En effet, son œuvre se compose de plus de 22 000 autoportraits d’autant de physionomies différentes. Exposées en 2019 aux Rencontres de la Photographie, ses œuvres font déjà partie des collections du Musée d’Art Moderne de Varsovie et du Musée de la Photographie de Cracovie (Pologne) ainsi que de la collection abcd/Bruno Decharme.

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Monstre

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