aka Rigo
Guillermo Rigoberto Casola Marcos, né à la Havane en 1961, est plus connu sous le nom de Rigo. Ses parents et sa fratrie souffrent comme lui de troubles mentaux ; l’un de ses frères est diagnostiqué schizophrène paranoïaque. Mais Rigo dessine depuis l’enfance, et lorsqu’il n’offre pas ses dessins, il les jette. Ses gouaches tentent d’exprimer son quotidien, le ressenti d’un cubain pauvre, mi artiste, mi fou, et qui n’est pas dénué d’humour. À mi-chemin entre la peinture pop et l’illustration, ces saynètes progressent dans leur narration comme un story-board. Son langage graphique très sûr doit beaucoup à ses talents de coloriste.
Ses oeuvres figurent désormais dans d’éminentes collections d’art brut et d’art contemporain.
Guillermo Rigoberto Casola Marcos, né à La Havane en 1961, était plus connu sous le nom de Rigo. Ses parents et sa fratrie souffraient, comme lui, de troubles mentaux ; l’un de ses frères était diagnostiqué schizophrène paranoïaque. Rigo dessinait depuis l’enfance et, lorsqu’il n’offrait pas ses dessins, il les jetait. Ses gouaches cherchaient à exprimer son quotidien, le ressenti d’un Cubain pauvre, à la fois artiste et marginal, non dénué d’humour. À mi-chemin entre la peinture pop et l’illustration, ses saynètes progressaient dans leur narration comme un story-board horizontal, composé de petites feuilles de papier de récupération assemblées. Son langage graphique, très sûr, devait beaucoup à ses qualités de coloriste.
Ses compositions se structuraient en vignettes, à la manière de la bande dessinée. Les couleurs, franches et contrastées, dominées par des rouges, des bleus et des jaunes saturés, donnaient à ses figures une présence immédiate et frontale. Personnages, mots et symboles cohabitaient dans un univers fragmenté où souvenirs intimes, scènes de la vie quotidienne et références à l’institution psychiatrique s’entremêlaient. Les textes intégrés à l’image, souvent maladroits ou phonétiques, traduisaient une parole directe, sans filtre, participant pleinement à la narration visuelle. Ce monde éclaté, parfois traversé d’un imaginaire cosmique ou onirique, faisait écho à la vie de l’artiste et à sa perception subjective du réel.
Par ailleurs, Rigo aimait regarder des films expérimentaux et allait jusqu’à tourner ses propres vidéos, qu’il conservait jusqu’au moment où il trouvait un ordinateur pour les diffuser. Dans ses très courts métrages, il s’attardait souvent sur des détails de ses dessins, leur conférant une étrangeté poétique que n’auraient pas reniée les surréalistes.
Interné à deux reprises en hôpital psychiatrique, Rigoberto travailla comme gardien dans un service de l’État jusqu’à l’accident tragique qui lui coûta la vie en 2025.