Johann Fischer
D’abord apprenti boulanger puis prisonnier de guerre, Fischer reprend le domaine familial avant d’être interné en 1957 pour troubles hallucinatoires. En 1981, il rejoint la «Maison des Artistes» de Gugging et y développe une œuvre unique : sur le papier, textes et dessins s’entrelacent, peuplés de personnages stylisés aux couleurs vives, souvent de profil, animant des récits où réel et imaginaire se confondent. Sa palette évolue des gris initiaux vers une explosion de teintes chaudes dans les années 1990.
Présent dans les plus grandes collections dont celles du Centre Pompidou, ses œuvres ont notamment marqué les enchères de la vente de la collection David Bowie chez Christie’s en 2016.
Pour s’exprimer, tous les moyens sont bons pour Johann Fischer : à l’écriture, il conjugue le dessin, des personnages, bien souvent de profil, aux couleurs vives et chaudes, s’activent dans la page, entre les lignes de texte, pour nous raconter une histoire. Né en 1919 à Eggendorf am Wagram (Basse-Autriche), Johann est apprenti maître-boulanger avant d’être mobilisé durant la seconde guerre mondiale et constitué prisonnier par les Américains. A sa libération, il prend la suite de son père à la tête du domaine agricole familial, néanmoins, souffrant dès 1957 de troubles hallucinatoires, il est interné en clinique psychiatrique.
En 1981, il intègre la Maison des Artistes et commence son impressionnante production. Fischer n’utilise que le crayon et les crayons de couleur. Sa palette, tout d’abord composée de tons de gris et de bruns, s’élargit considérablement à l’aube des années 90. Les sujets plutôt simples des débuts se complexifient progressivement pour aboutir à des histoires illustrées dans lesquelles le réel et l’imaginaire se côtoient constamment. Courtois, méthodique, Johann dessinait tous les matins et faisait suivre sa signature de sa qualité : Künstler ! (Artiste !).
Ses œuvres, désormais rares, ont atteint des records dans la récente vente de la collection de David Bowie par Christie’s New-York.
Avant-propos : Christian Berst.
Publié à l’occasion de l’exposition Gugging : the crazed in the hot zone, du 2 septembre au 22 octobre 2017.
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