in abstracto
#4
Jusqu’ici, la notion d’art brut abstrait relevait, au mieux, de l’oxymore, et au pire, de l’antinomie.
Or, pour peu que l’on accepte de regarder les œuvres, plutôt que d’admettre aveuglément les exclusions sur lesquelles Jean Dubuff et a fondé sa théorie, il faut bien se rendre à l’évidence : nombre d’œuvres d’art brut échappent de bien des façons à la figuration dans laquelle on croyait pouvoir tenir enfermé ce champ.
Comme le souligne Jeannette Zwingenberger, “Le mystère des œuvres réside dans leurs logiques autonomes. Celles-ci constituent un système auto poïétique : produite selon les conditions de sa propre intelligibilité, l’œuvre instaure un monde dont les lois émergent de son organisation interne plutôt que d’une référence extérieure.”
Ainsi, l’art brut abstrait, selon le mouvement profond dont il procède, revêt les formes les plus diverses et ce ne sont pas moins de 16 artistes d’art brut classique et contemporains, qui illustrent ce quatrième volet d’in abstracto.
Toutes ces manifestations plastiques nous renvoient au sens même de l’abstraction, à l’action d’extraire, d’isoler, qui convoquent en nous la nécessité d’imaginer. Car « l’imagination n’est rien d’autre que le sujet transporté dans les choses », comme l’écrivait Gaston Bachelard.
Avec les artistes : Isabel Alemán Corrales, anonyme français (fi n XIXe-début XXe siècle), Jacqueline B., Beverly Baker, Jan Bratr, Franco Bellucci, Julius Bockelt, Giovanni Bosco, Anibal Brizuela, Marcello Cammi, Alexandro Garcia, Jill Gallieni, Joseph Lambert, Raphael Lonné, Ramon Losa, Albert Moser, Michel Nedjar, Leopold Strobl, Bjarni H. Thorarinsson, Henri Ughetto…